#churchathome : vivre l'église pendant le confinement

Je dois vous faire un aveu : même en temps normal, je ne vais pas à l’église…

Depuis ma conversion en 2012, je n’ai jamais fait partie d’une assemblée chrétienne comme on se l’imagine, qui se réunit tous les dimanches matin.

Je ne vais pas à l’église, je vis l’église.

Dans cet article, j’aimerais vous partager mon témoignage et comment j’en suis arrivée à aujourd’hui vivre l’église localement à deux avec mon mari et aussi à distance de façon régulière avec d’autres frères et sœurs. Et à partir de là vous partager comment vous aussi pouvez vivre l’église de façon très simple chez vous avec votre famille et aussi à distance avec d’autres chrétiens durant cette période de confinement.

Cet article n’a pas du tout pour but de dire qu’une forme d’église serait mieux qu’une autre. L’important est de vivre l’église, dans le sens d’avoir des relations et échanges profonds avec d’autres chrétiens, et d’être là où Dieu nous appelle, peut importe la forme que cela prend (grande assemblée, église de maison, missionnaire solitaire dans la jungle…).

Le but de cet article est plutôt de vous encourager durant ce temps de confinement et vous inspirer sur comment vous pouvez vivre l’église au quotidien de façon isolée géographiquement mais pas spirituellement.

Petit historique de ma marche avec Dieu

J’ai commencé à chercher Dieu dès mon adolescence. A partir de mes 18 ans, ayant plus d’indépendance j’ai commencé à le chercher dans différentes églises et rassemblements chrétiens. En tout genres, vraiment. C’est à l’âge de 22 ans que j’ai été invitée dans une église de maison et c’est là que j’ai commencé à entendre des enseignements et vivre des moments de louange et d’adoration qui m’ont vraiment édifiée et permise de comprendre qui est Dieu, d’apprendre à le connaître véritablement. En quelques mois ma vie a été radicalement changée, le point culminant étant le jour où j’ai choisi d’appartenir à Jésus et seulement lui et de me faire baptiser en juillet 2012.

Le jour de mon baptême, lors d’un voyage missionnaire avec deux gars de mon église qui m’ont beaucoup enseignée et ont été patients avec moi

Suite à cela, j’ai continué à participer aux réunions de cette église de maison. Il s’agit en fait d’un réseau d’églises de maison. À l’époque il y avait une cinquantaine de personnes réparties dans 4 ou 5 églises de maisons à Paris et proche de Paris. Nous avions des réunions en petit format d’église chaque semaine pour adorer Dieu, se mettre à son écoute, partager et recevoir des enseignements. Et 3 ou 4 fois par an nous organisions un week-end avec tout le réseau. J’ai crée des relations de confiance avec les personnes de ce réseau qui restent jusqu’à aujourd’hui ma famille spirituelle. J’y trouve de véritables frères et sœurs avec qui je suis en tout confiance pour partager ce que je vis. Nous nous édifions les uns les autres et n’avons pas peur non plus de nous reprendre mutuellement, de craquer, de crier à Dieu ensemble.

En 2014-2015 je suis partie vivre un an au Liban. J’étais toujours célibataire et mes tentatives de m’intégrer dans une église locale n’ont pas été très concluantes. Mais j’avais acquis de très bonnes bases durant mes 2 années de vécu d’église de maison, ce qui m’a permis de ne pas être ébranlée par la distance: je savais me nourrir de la présence de Dieu et de sa parole au quotidien. J’avais aussi régulièrement des Skypes avec différentes personnes de l’église de maison à Paris pour partager ce que je vivais, prier, etc.

A Beyrouth

De retour en France, je suis allée vivre à Lyon et j’ai démarré une église de maison assez atypique avec des personnes de mon entourage qui étaient venues à Christ: nous vivions tous dans des villes différentes entre Lyon, l’Ardèche et la Drôme, et nous nous réunissions une journée par mois pour des enseignements sur les bases de la foi. Ce groupe continue jusqu’à aujourd’hui, toujours en vivant à distance et en se rencontrant chaque mois, sauf que maintenant ce sont eux qui enseignent d’autres. La beauté du discipulat. Cette église est donc aussi en relation avec les églises de maison de Paris et des week-ends nationaux se font.

Je me suis mariée en juin 2018 et mon mari Tomas et moi avons décidé de venir vivre à Prague, en République Tchèque, le pays de mon mari. Nous avons prié sur la question de rejoindre une église locale ou commencer un groupe, mais nous avons reçu de vivre l’église simplement en couple, et ainsi fortifier notre couple et avoir une bonne fondation dans l’unité spirituelle entre nous pour la suite. Nous gardons des relations très proches avec nos frères et sœurs de Paris et de la région Rhône-Alpes par téléphone et Skype, et nous allons France 3 à 4 fois par an pour participer à des week-ends d’église avec eux ou simplement les visiter chez eux, passer du temps ensemble, prier, etc. Nous avons aussi commencé un groupe chez nous il y a quelques mois, mais pour le moment il s’agit plutôt d’un lieu de mission pour nous. A l’heure d’aujourd’hui, nous vivons toujours l’église de cette façon.

Maintenant, vous comprenez pourquoi être confinés chez nous ne change pas vraiment notre vie d’église !

On peut croire que ne pas être rattaché à une assemblée veut dire de ne pas recevoir d’enseignement, ne pas prier avec d’autres, ne pas vivre la communion fraternelle, etc. Je voudrais vous assurer que ce n’est pas le cas! Bien au contraire. Et que tout cela est possible même en confinement!

Comment vivre l’église chez soi?

Vivre une relation avec Dieu au quotidien

La base est d’abord d’entretenir sa relation personnelle avec Dieu.

Ça c’est la première chose qui ma défiée quand j’ai débarqué dans une église de maison. Avant, quand j’allais dans des assemblées, j’étais passive. J’écoutais, je chantais, je m’asseyais, me levais, faisais la conversation à la fin. C’était assez confortable, personne ne venait me demander ce que j’avais reçu dans la prière ou ce que je vivais avec Dieu par exemple.

Je me souviens de mes premières fois en église de maison. Après le temps d’adoration, on demandait à chacun ce qu’il avait reçu dans la prière. C’est là que je réalisais que je n’avais pas été très attentive à Dieu et je ne pouvais pas le cacher. Ou alors quand on ouvrait la Bible et que chacun partageait ce qui lui parlait. Là encore, je réalisais que je connaissais très peu la Bible. Dans ce format en petit groupe, il n’y avait pas un super enseignant ou directeur de louange qui arrive avec un programme tout cuit et on a juste à se laisser bercer. La soirée dépendait de chacune des personnes présentes. Si personne n’avait de révélation de Dieu à apporter, alors on passerait la soirée sans nourriture spirituelle (ne vous inquiétez pas, ce n’est jamais arrivé).

Voilà donc ce qui m’a encouragée à rechercher Dieu davantage personnellement et à l’entendre.

C’est de même pour chacun de nous chez nous au quotidien. Si nous voulons recevoir une nourriture et une eau fraîche de Dieu chaque matin, nous devons passer du temps dans sa présence, le chercher, le louer et lire sa Parole.

Si nous faisons cela, alors nous pouvons ensuite partager ce que nous avons reçu à d’autres, en commençant par son mari pour ceux qui sont mariés, ses enfants pour ceux qui ont des enfants, à nos frères et sœurs spirituels sur Skype, et c’est là que des partages en profondeur sont lancés et qu’on commence à s’édifier mutuellement.

Prier chaque jour en couple/en famille

Tomas et moi prenons une demi-heure chaque matin avant de commencer à travailler pour louer Dieu, prier sur les sujets du moment et bénir la journée. Parfois quand on est un peu plus flexible avec le temps ou qu’on reçoit un passage biblique dans la prière, nous lisons un chapitre de la Bible ensemble et partageons ce qui nous parle.

Un moment de lecture de la Bible avec mon mari

Pour nous c’est vraiment une base de notre vie de couple. Nous avons mis cela en place avant même d’être mariés. Que ce soit de visu ou au téléphone. Les bénéfices sont nombreux : l’unité spirituelle entre nous, les réponses de Dieu à nos prières, l’édification, la facilité à gérer notre quotidien ensuite, la paix dans notre foyer…

Bien sûr, nous savons que notre rythme sera différent avec l’arrivée de notre bébé, mais si nous ne vivons pas cela aujourd’hui sans enfant, si nous n’entretenons pas cet amour pour Dieu, sa présence et sa Parole dès aujourd’hui, alors le ferons-nous une fois parents? Au contraire, je sais que si cela est la pierre de fondation de notre quotidien aujourd’hui, cela le restera avec la venue de notre bébé, même si ça doit prendre une forme différente (je vous en parlerai au moment venu).

Des contacts avec sa famille spirituelle

J’ai toujours gardé des contacts téléphonique avec ma famille spirituelle quand j’étais loin d’eux géographiquement. Peu importe où je vis, je suis pleinement active dans la vie de mon église. Il s’agit de continuer à écouter Dieu ensemble, s’enquérir de ce qui été reçu de Dieu et partagé durant des rassemblements d’églises où je n’ai pas participé, continuer de soutenir les plus jeunes dans la foi, s’envoyer des enseignements (créés par nous-mêmes ou par d’autres personnes que nous trouvons édifiantes), continuer de soutenir des personnes financièrement (ceux de qui je reçois spirituellement, ceux qui sont dans le besoin,… selon ce que Dieu m’inspire), etc.

Nous pouvons aussi avoir des temps d’église sur Skype de façon régulière. Par exemple, depuis septembre, mon mari et moi faisons un Skype chaque dimanche avec un autre couple qui est aussi expatrié dans un autre pays. Nous partageons ce que nous vivons dans notre quotidien, nos défis et des témoignages encourageants et prions les uns pour les autres.

Depuis le début de la crise du coronavirus, il y a aussi un Skype avec tout le réseaux d’églises de maison qui se fait chaque jour à 21h pour prier pour cette situation, pour nos nations, nos proches, l’église, ceux qui ne connaissent pas Dieu. Tout le monde n’y participe pas forcément tous les jours, mais il y a cette permanence de prière qui est en place.

What’s App est aussi un très bon outil pour communiquer en groupe. Avec notre famille spirituelle, nous avons différents groupes, par exemple « Edifions nous » pour partager des enseignements, « Louange » pour partager des musiques chrétiennes, « Témoignages », « Intercession », etc.

Quelles sont les personnes avec qui vous pouvez prier au téléphone ou sur Skype? Avec qui partagez-vous vos défis, sujets de prières et reconnaissance?

Je suis souvent attristée quand des personnes qui vont chaque dimanche dans de grandes assemblées me disent qu’elles n’ont personnes avec qui prier régulièrement. Nous voyons bien que l’isolement spirituel n’a rien à voir avec la taille d’une église.

Si vous n’avez pas encore de relations suffisamment proches avec d’autres chrétiens pour prier ensemble et partager en toute transparence, je vous encourage à être proactifs et proposer cela à d’autres personnes.

Deux idées de formats assez simples à proposer:

  • prendre chaque semaine une demi heure à une heure au téléphone pour intercéder pour différents sujets
  • avoir un petit groupe de lecture Biblique à 2 ou 3. Chaque semaine vous décidez ensemble de ce que vous lisez, puis vous vous appelez pour partager ce qui vous a parlé et prier les uns pour les autres

Vivre un shabbat chaque semaine

Je ne parle pas du shabbat comme le vivent les Juifs. Je parle de mettre une journée à part pour Dieu chaque semaine. Il s’agit de lui consacrer notre temps, nous rappeler qu’il est bien plus important que toutes nos autres (pré)occupations. C’est lui donner la première place dans notre semaine et nos vies. C’est aussi se reposer de notre travail et se réjouir de la vie que Dieu donne.

Mon mari et moi vivons cela le dimanche, mais ça peut être n’importe quel jour de la semaine. Voici une liste des choses que nous faisons en général durant ces journées shabbat :

  • Nous prenons plus de temps dans la prière et la lecture de la Bible.
  • Nous prenons du temps pour notre relation de couple : nous sortons parfois l’après-midi pour aller dans un café (ces prochaines semaines ce sera seulement une petite balade). Être en dehors de chez nous dans un autre contexte, nous permet souvent d’être plus détachés des préoccupations du quotidien est d’avoir des partages plus profonds.
  • Nous avons un Skype avec d’autres frères et sœurs pour prier comme je le disais précédemment.
  • Nous prenons le temps d’écouter un enseignement, lire de plus grosses portions de la Bible ou lire un ensemble un livre chrétien sur le thème du mariage ou de la famille. Dans tous les cas, cela devient une base de partage et prière.
Un moment de partage avec mon mari dans un café
  • Nous faisons une activité qui nous fait plaisir, et nous nous réjouissons de ce que Dieu nous donne. Personnellement j’aime bien faire un gâteau ce jour-là par exemple. D’autres idées : Bible Journaling, balade à vélo, mettre de la louange et danser avec ses enfants, …

Conclusion

J’espère vous avoir inspiré et donné envie de vivre l’église davantage dans votre quotidien, avec les personnes qui vivent sous votre toit ou à distance. Continuons à être l’église dans ces temps difficiles, que cela puisse fortifier notre foi, nous permettre de garder la joie et la paix et aussi de briller dans le monde.

Pour plus d’inspirations pratiques sur comment vivre l’église à la maison, abonnez-vous à mon compte Instagram où je publierai ces prochains jours plusieurs petites vidéos montrant des moments de vécu d’église à la maison. Vous y verrez des moments d’église vécus par mon mari et moi, mais aussi par des célibataires, d’autres couples et des familles. Plusieurs personnes de ma famille spirituelle ont mis la main à la pâte pour vous concocter ces petites vidéos !

5 réflexions sur “#churchathome : vivre l'église pendant le confinement

  1. Gilles dit :

    Super article.
    J’ai beaucoup apprécié la simplicité qui en découle.
    Pour ma part, je vis l’église car je suis l’église (corps du Christ), et je vais à l’église (bâtiment, lieu où je retrouve mes frères et soeurs en Christ).
    Ton témoignage est très inspirant et fais écho à ma relation personnelle avec Dieu.
    Tu jettes la lumière sur le fait que les gens sont assez passifs quand ils vont à l’église et ils ne vivent pas vraiment l’église. Beaucoup viennent en spectateurs et non en adorateurs, manquant ainsi de rentrer dans la relation à laquelle Dieu les appelle.
    Cette relation est personnelle mais elle grandit aisément quand on est entourés par les bonnes personnes, cette famille spirituelle. Et je pense que la vraie église se trouve dans nos coeurs.
    En cette période de confinement nous avons besoin de reconnecter avec Dieu a travers un culte personnel et aussi un culte de famille.
    Que Dieu vous bénisse ton mari et toi et le prochain bébé.

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    • Pauline Jouvet dit :

      Merci beaucoup Gilles pour ton commentaire et témoignage. Que Dieu te bénisse aussi durant ce temps, qu’Il nous lève tous, là où nous sommes, dans un même esprit, pour l’adorer, le chercher et faire venir son règne sur la terre.

      J'aime

  2. Madou dit :

    Article très intéressant. j’ai juste 2 petites questions :

    – Comment faîtes-vous en ce qui concerne le partage du pain et du vin (cène) ?
    – Comment partagez-vous quand vous avez reçu des prophéties ?

    Merci.

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