Quand « tous les autres » se marient

Ces derniers mois j’ai découvert le blog d’une célibataire américaine qui m’encourage beaucoup: beggarsdaughter.com . Avec une honnêteté et vulnérabilité incroyable, Jessica Harris partage le combat qu’elle a mené avec Jésus pour être délivrée de son addiction à la pornographie. Elle partage aussi comment Dieu renouvelle ses pensées sur l’amour et les relations avec les hommes. Ses articles sur la sexualité et le célibat sont vraiment édifiants et elle m’a autorisée à en traduire quelques uns pour vous en français. Voici donc le premier de la série, pour encourager les célibataires qui trouvent le temps long…

 » Demain marquera le 62ème anniversaire de mariage de mes grand-parents (oui, 62). Mon frère et sa femme viennent juste de célébrer leur premier anniversaire de mariage cette semaine. Le week-end prochain, je vais à l’enterrement de vie de jeune fille d’une amie de l’université. (Ma mère n’a pas hésité à me rappeler qu’elle était la dernière amie célibataire que j’avais à l’université… Merci Maman)

Cela fait 10 ans que je suis diplômée et, laissez-moi vous dire, ça ne s’arrête jamais. Pourtant, le mariage ne trouve jamais son chemin vers moi. Il y a vraiment eu des moments ces dernières dix années où j’ai pensé, « Oh la la, tous les autres se marient ! » Laissez-moi vous dire que ces moments sont difficiles.

Immédiatement après l’université, il y a eu des mariages sans arrêts. Honnêtement, j’ai eu un peu l’impression d’être une ratée. En allant à d’innombrables mariages, je me suis questionnée, rabaissée, découragée et sentie de plus en plus frustrée. Ensuite, mes ami(e)s célibataires ont déménagé dans de nouvelles villes et rencontré M./Mme. Parfait(e). A nouveau, j’ai acheté des billets d’avion et des cadeaux de mariage, voyagé à travers le pays avec mon appareil photo. Deuxième round.

Pour empirer les choses, j’ai commencé à travailler comme coordinatrice de mariage. Mon travail consistait à m’entourer de personnes qui se mariaient. Apparemment, j’étais gourmande de punition. Il se passait aussi une chose bizarre. A chaque fois que je passais du temps avec une amie pour parler de nos vies en tant que célibataires, l’amie en question se mariait dans l’année qui suivait.

Devant tout cela, cette question me taraudait :

Dieu, m’as-tu oubliée ?

Je crois que c’est vraiment la question que la plupart d’entre nous se posent quand nous sommes submergés par les faire-parts de mariage. Nous ressentons cette solitude et peut être même de la colère, de la frustration ou pitié de soi. C’est sûr, Dieu nous a sûrement oubliés.

Dans ces moments-là, il peut être vraiment difficile de tenir. Difficile d’attendre. Difficile d’espérer. Nous pouvons nous demander : « A quoi bon ? »

Nous nous attachons à ces concepts d’espoir et satisfaction alors que nous nous battons avec des désirs très réels – émotionnels, physiques et mentaux. Nous ressentons un désir puis une culpabilité car on nous a enseignés à êtres contents avec ce qu’on a. Ensuite nous tentons de tuer ce désir mais nous sommes encore plus frustrés.

C’est un cercle étourdissant.

Comment le briser ?

Il y a deux ans, j’ai atteint un point très bas dans ce domaine. Je sortais d’une rupture assez difficile et j’avançais dans ce ministère tout en paniquant silencieusement car les trente ans étaient à l’horizon et je voulais vraiment être mariée avant mes 30 ans (mon premier but était 21 ans). Je me suis sentie vraiment coupable de désirer le mariage et je me suis sentie divisée entre le mariage et le ministère. Ils me semblaient être deux chemins séparés.

Si je faisais confiance à Dieu, je devais aller plus loin dans le ministère et ne plus penser au mariage. C’est ce que j’ai pensé.

Jusqu’à ce qu’une amie sage, qui s’est mariée à 29 ans, me montre l’histoire d’Anne dans l’Ancien Testament.

Dans 1 Samuel au chapitre 2, nous rencontrons Anne, une femme désespérée qui désire avoir un enfant. Avec notre sagesse chrétienne moderne, nous pourions dire à Anne : « Hé Anne ! Sois juste satisfaite ! Fais confiance à Dieu et il t’apportera un enfant. » C’est une façon religieuse de dire : « N’y pense pas trop ». Nous pourrions dire à Anne d’être juste satisfaite avec ce qu’elle avait, lui dire à quel point les enfants sont difficiles et comme sa vie était facile.

Mais la Bible nous dit qu’Anne se lamentait souvent sur sa stérilité. Elle en avait le cœur brisé. Elle est allé au temple et a déversé son cœur blessé devant Dieu dans la prière, elle la supplié de lui donner un enfant et de ne pas l’oublier. C’était une prière silencieuse mais ses lèvres bougeaient, ce qui a amené le prêtre à penser qu’elle était ivre et qu’elle faisait une scène. Il l’a même réprimandée, mais elle a répondu qu’elle n’était pas ivre, juste dans une profonde tristesse.

Mon amie m’a expliqué : « Anne désirait tellement un enfant que le prêtre a cru qu’elle était ivre. Elle était brisée. Etre satisfait ne signifie pas que tu ne peux pas demander. Avoir confiance en Dieu ne veut pas dire que tu ne peux pas lui demander »

Ce fut un moment de révélation pour moi – un point décisif dans ma vie de célibataire.

Partager mon cœur avec Dieu, même mes déceptions, est une manifestation de ma confiance en lui. C’est ça la racine de la « satisfaction », pas le silence.

Dieu est ok. Il est ok de me voir venir à lui et lui dire : « Dieu, je veux vraiment vraiment avoir cela et je suis confuse, j’ai mal et je ne comprend pas pourquoi je ne l’ai pas encore. »

La satisfaction ce n’est pas demander. La satisfaction c’est demander et avoir confiance dans la réponse. Ce n’est pas une confiance aveugle. C’est un espoir confiant. C’est partager mes désirs les plus profonds avec le Seul qui peut me satisfaire et savoir qu’il m’entend. Il écoute.

Laissez le désir de mariage vous attirer vers Dieu. Le mariage et Dieu ne sont pas mutuellement exclusifs.

Nous pouvons gérer nos désirs de deux façons. Nous pouvons soit les gérer avec Dieu ou alors les gérer malgré lui. Ils peuvent nous éloigner de Dieu ou nous attirer à Lui. Après tout, il est celui qui donne des cadeaux de valeur (Jacques 1:17), celui dont les voies sont bien plus élevées que les notre (Esaïe 55:9), qui rend toute chose belle en son temps (Ecclesiastes 3:11).

Si vous êtes fatiguées d’être une de ces femmes qui s’alignent pour attraper le bouquet, est-ce que je peux vous encourager avec quelque chose ? Profitez de ces moments. Selon la volonté de Dieu, les mariages arrivent seulement une fois, et il est bien mieux de les expérimenter avec de la joie que de l’amertume. Mais, cela ne signifie pas que vos cœurs ne peuvent pas faire mal et que vous ne pouvez pas désirer le mariage avec impatience.

Laissez cette douleur vous rapprocher de l’Amoureux de vos âmes. Il vous aime. Il vous entend. Il ne vous a pas oubliés. « 

Lire l’article original en anglais.

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6 réflexions sur “Quand « tous les autres » se marient

  1. B.Abeille dit :

    Je suis d’accord avec ce post mais en même temps c’est complexe à mettre en œuvre !
    Je suis à un stade autre que celui décrit par cette femme: ce stade où les mariages sont passés et où les amis ont un voir plusieurs enfants; et moi 30 ans passés et pourtant toujours avec ce désir d’être en couple,de me marier et de fonder un foyer ! Ce sentiment que Dieu m’a oublié est présent parfois et même si je lui partage mon ressenti il est parfois difficile d’être dans cette satisfaction évoquée dans ce post !
    Malgré tout merci pour votre blog qui est source d’encouragement !

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  2. lydie dit :

    Notre Dieu sur nous servons nous faire passer par des situations pour édifier des personnes qui sont dans les même cas. Sans cette expérience vous n’aurez pas pu connaître ce que ressent un célibataire. Moi j’ai 32 ans et je suis encore célibataire et il m’arrive à moi aussi de me poser les même question sur vous. Merci pour vos articles.

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  3. Flo dit :

    Cela fait plusieurs mois déjà que cette solitude liée au célibat me pèse vraiment au coeur. J’approche des 29 ans, célibataire, pas en périodes de « fréquentations » et presque tous les croyants de ma tranche d’âge sont mariés , avec leur premier enfant pour la plupart. Au travail, quoi que non croyants, presque toutes les femmes de mon service et de ma tranche d’âge ont des enfants , et celles qui n’en ont pas sont mariées ou en voie de mariage.
    Parmi les soeurs chrétiennes , même des plus jeunes que moi se marient.
    Bref autour de moi j’entends beaucoup plus de discussions qui tournent autour du couple, des enfants que des discussions qui concernent aussi les célibataires. D’ailleurs j’ai remarqué que ces derniers temps je m’isole de plus en plus pour éviter de souffrir de ces discussions.
    Je me voyais déjà mariée et en train de fonder un foyer chrétien à l’âge que j’ai mais force est de constater que ma période de célibat dure plus longtemps que prévu et que mon contentement du début a laissé place à l’amertume, une profonde tristessse, une colère sourde et de l’anxiété.
    Face à ces sentiments, j’alterne entre prières où je crie ma détresse et honte de me présenter devant Dieu car coupable d’éprouver ce type de sentiments. Par moments je me dit que je devrais me contenter de ce que j’ai, que j’ai des parents et des frères et soeurs, à manger dans mon assiette et surtout la santé; dans d’autres moments je n’en peux plus de ce vide affectif, de ne pas pouvoir donner d’amour à un mari et des enfants.
    Dans un moment où je me demandais même si ce n’était pas une preuve d’égoïsme de désirer le mariage , je suis tombée sur cet article qui je pense va m’aider à déculpabiliser et surtout à mettre en pratique ces sages conseils en partageant avec Dieu tout mon coeur et les sentiments qui l’habite.

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      • Flo dit :

        Merci pour le lien vers le second article. Je l’ai lu et en effet, j’ai souvent été interpellé par le livre de livre de la Genèse et de la manière dont Dieu a pourvu aux besoins d’Adam en lui donnant une aide . Dieu a dit qu’il n’est pas bon pour l’homme qu’il soit seul. En me rappellant de cela , je me dis toujours qu’en tant que femme, je serai aussi amenée à devenir l’aide d’un homme . Mais dans les églises on entend tellement peu de messages encourageant pour les célibataires qui aspirent au mariage.
        Au contraire certaines paroles peuvent décourager. Une fois une soeur m’a clairement dit qu’il y’avait plus de femmes que d’hommes célibaires dans le milieu chrétien et que beaucoup finiront seules malgré elles. Et puis le passage de 1 corinthiens 7 m interpelle aussi quand Paul dit à ceux qui ne sont pas mariés ou veuves qu’il est bon de rester comme lui.
        En tout cas je suis ravie de découvrir ce site, je pense y revenir souvent.
        Tu as parlé dans un de tes articles d’un livre en cours de rédaction, est -il en vente? Merci encore.

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      • Pauline Jouvet dit :

        N’écoutons pas les paroles de découragement comme « il y a plus de femmes que d’homme célibataires dans le milieu chrétien », c’est une parole agnostique de quelqu’un qui n’a pas la foi que tout est possible pour Dieu, elle voit juste les choses humainement. Heureusement que les Israélites ne se sont pas découragés quand ils ont vu les armées nombreuses dans la conquête de la Terre Promise! Quand nous mettons notre confiance en Dieu, c’est lui qui nous conduit et il peut tout faire! Sois bénie!

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